Qu'on se le dise ! ( daté du 13 Mai 2007)

Aux législatives prochaines, le CDH présentera un candidat dans la 4ème
circonscription de l'île de la Réunion.
Il s'agit de Youssef Kola avec Pierre Reynaud comme suppléant.

Pourquoi "La Réunion" ?

En métropole, il faut présenter au moins 50 candidats et obtenir au moins 1%
des suffrages pour bénéficier d' 1,68 euro par voix pendant 5 ans, payé par
l'Etat.

Ce n'est pas le cas à la réunion ! Un seul candidat présenté nous permettra
sans nul doute, d'être remboursé de nos frais de campagne.

Cette candidature est le résultat de l'excellent travail de terrain fait par
Jean-Yves Carré, journaliste à la Réunion.

Ainsi, le CDH sera présent aux législatives !

Nous devons tous encourager vivement Youssef et Pierre dans
l'accomplissement d'une campagne courageuse et difficile.

Merci à eux pour leur engagement.

Parallèlement à cette préparation de campagne au coeur de la population
réunionnaise, en métropole, des actions de terrain devront être menées.

Nous solliciterons chacun d'entre vous, dans la mesure de vos possibilités,
afin que cette charte soit connue de l'ensemble des candidats de la
métropole,
et signée par tout candidat qui accepte de s'engager sur les points précis
présentés.


François BERGNIARD.


# Online seit Sonntag, 09. August, 2009 um 05:44

“Le handicap, c'est l'affaire de tous”

Youssef Kola a 38 ans. Il est non-voyant. Marié, père de quatre enfants dont les trois derniers sont mal voyants, Youssef Kola, natif de Saint-Pierre, mais résidant à Sainte-Clotilde, se présente aux législatives, dans la 4è circonscription, “pour montrer que les personnes handicapées peuvent se prendre en main et doivent occuper le terrain politique afin de se faire entendre”.
[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Sonntag, 09. August, 2009 um 05:31

Exclu de la ville

Youssef reconnaît sa chance d'avoir son épouse à ses côtés. Un soutien à domicile indispensable, qui lui permet de mener une vie presque normale auprès des siens. Elle a le statut de tuteur familial, pour lequel Youssef perçoit un complément tierce personne en plus de son AAH (Allocation d'aide aux handicapés). Cependant, il souhaiterait être moins dépendant de son épouse pour qu'elle puisse avoir des moments de répit et qu'il puisse se déplacer librement.
Mais là aussi le problème n'est pas simple. Voilà 15 ans que Youssef n'a pas remis les pieds dans le centre-ville dionysien. Impossible de prendre le bus. Sans borne tactile ou sonore, comment connaître son itinéraire ? Et quand bien même le problème du moyen de transport serait résolu, reste l'accessibilité des lieux publics, les aménagements urbains. Impossible, selon Youssef, de se déplacer en fauteuil roulant sur les trottoirs du centre-ville de Saint-Denis, ils ne sont pas adaptés aux personnes handicapées. (voir encadré)
Porté par l'image de ses enfants, animé par la combativité d'un père qui veut protéger son foyer, Youssef s'est donné pour mission d'informer et de faire adhérer les autres à son combat : "Je suis un relais local, je suis là pour dire au gouvernement que les handicapés de La Réunion ne rencontrent pas les mêmes problèmes que ceux de la région parisienne. Je suis là pour regarder avec mes oreilles et mon c½ur". Youssef incarne la force d'y croire, même dans le fénoir.

# Online seit Sonntag, 09. August, 2009 um 05:36

Le combat pour le droit à l'école

L'un des quatre enfants de Youssef connaîtra le même sort que son papa, alors que deux autres, dont la petite dernière, âgée de deux ans à peine, sont astigmates. Ses deux garçons malvoyants sont scolarisés, "mais il aura fallu se battre"pour que son fils, atteint par la même maladie congénitale que lui, puisse être intégré en milieu ordinaire au cours préparatoire. La directrice de l'établissement opposait d'abord un refus catégorique, alors qu'au stade de la myopie, le fils de Youssef ne rencontre aucune difficulté pour se déplacer. Il est animé par la même énergie débordante que tous les enfants de son âge, à la seule différence qu'il lui faut lire et écrire de près. Il aura fallu la visite de Youssef pour que la directrice, après un long plaidoyer, accepte enfin d'accueillir le jeune garçon dans son établissement.
"Le handicap de mon fils n'est pas visible, il n'a pas besoin d'une école spécialisée. Mais le handicap qui ne se voit pas est incompris", affirme Youssef, qui souligne néanmoins le rôle fondamental des établissements spécialisés. Ils permettent d'accueillir et de prendre en charge les enfants qui n'ont personne pour leur apporter les soins et la présence dont ils ont grand besoin.
[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Sonntag, 09. August, 2009 um 05:35

La force d'y croire

Youssef Kola, comme la quasi totalité des personnes atteintes de handicaps à La Réunion, subit les injustices de notre système social et vit l'exclusion au quotidien. Il est victime de la méconnaissance des autres face au handicap, victime de l'individualisme, victime du déni qui préserve les consciences des images qui dérangent. Victime aussi des carences institutionnelles. Que pense-t-il du projet de loi sur le handicap, débattu hier à l'Assemblée nationale ?

À 35 ans, Youssef Kola, marié et père de quatre enfants, est loin d'être résigné face aux injustices dont sont victimes les porteurs de handicaps. Comme les autres et avec les autres, il est déterminé à défendre ses droits dans le cadre de la nouvelle législation qui sera mise en place sur le handicap.
C'est à l'âge de 20 ans que les capacités visuelles de Youssef ont commencé à l'abandonner peu à peu. Atteint d'une maladie congénitale, il lui fut impossible de ne pas devenir handicapé de la vue, handicapé de la vie. Au début, "on ne savait pas où me mettre. Considéré ni comme mal voyant, ni comme voyant, j'étais ballotté", nous confie Youssef.
Il part trois ans en France pour suivre une formation en force de vente, une "voie de garage", dit-il. Car on savait autour de lui qu'il allait perdre la vue ; il devenait alors "encombrant, indésirable" car il ne correspondait pas au cadre pré-établi du système, "aucune case n'était prévue" pour lui.
Il décide alors de rentrer au pays et, "en une année, dit-il, de janvier à décembre 1989, ma vue s'est éteinte". Bien qu'il soit plongé dans l'obscurité, l'étincelle de vie a continué à guider ses pas. Ses yeux l'avaient abandonné mais pas sa force de combattre, ni sa volonté de se construire une vie avec ce handicap.
Il entame alors, coûte que coûte, sa course à l'emploi et s'adresse à l'ANPE. Deux formations plus tard, alors qu'aucune perspective d'insertion professionnelle ne lui est proposée, il retourne à la case départ, celle des murs de son appartement, là où il "ne dérange personne" avec sa différence.
[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Sonntag, 09. August, 2009 um 05:35